Une crise d’angoisse peut être une expérience extrêmement violente. Le cœur s’accélère, la respiration devient difficile, la poitrine se serre, les jambes tremblent, la tête tourne. Des fourmillements, des sueurs, des nausées ou une sensation d’irréalité peuvent apparaître.

Parfois, une pensée terrifiante surgit : « Je vais mourir », « Je vais devenir fou », « Je vais perdre le contrôle ».

La violence de ces sensations peut conduire aux urgences, notamment lorsqu’il s’agit de la première crise. La personne peut être persuadée qu’elle est victime d’un problème cardiaque, respiratoire ou neurologique.

Même lorsqu’une cause médicale grave a été écartée, l’expérience reste profondément éprouvante.

Dans mon approche de psychomotricien-psychothérapeute, je considère qu’il est prioritaire de traiter le symptôme, mais qu’il est aussi important de comprendre ce qui se passe dans le corps et d’aider la personne à retrouver progressivement ses capacités de régulation.

Crise d’angoisse, anxiété et attaque de panique : quelles différences ?

Ces termes sont souvent utilisés indifféremment alors qu’ils ne désignent pas exactement la même expérience.

L’anxiété

L’anxiété est une réaction normale de l’organisme face à une menace réelle ou anticipée.

Avant un examen, un rendez-vous important ou une situation inhabituelle, il est naturel de ressentir de la tension ou de l’appréhension.

L’anxiété devient problématique lorsqu’elle devient trop intense, durable, fréquente ou qu’elle commence à limiter la vie quotidienne.

Elle peut alors s’accompagner de tensions musculaires, de troubles du sommeil, de difficultés de concentration, de fatigue, de palpitations ou encore de troubles digestifs.

L’angoisse

L’angoisse correspond souvent à une expérience plus globale, dans laquelle la menace n’est pas seulement pensée : elle est ressentie physiquement.

On peut savoir rationnellement que l’on n’est pas en danger et pourtant ressentir une véritable alerte corporelle.

C’est pourquoi une personne anxieuse entend parfois : « Mais pourtant, il n’y a aucune raison de t’inquiéter ! »

Cette remarque part généralement d’une bonne intention, mais elle ne permet pas nécessairement de diminuer l’angoisse.

Car l’angoisse n’est pas simplement une question de volonté ou de raisonnement.

L’attaque de panique

L’attaque de panique, parfois appelée crise d’angoisse aiguë, correspond à une montée brutale d’une peur ou d’une angoisse très intense.

Elle peut apparaître dans une situation particulière ou, parfois, sans raison identifiable.

Les symptômes peuvent être nombreux :

  • accélération du rythme cardiaque ;
  • oppression ou douleur dans la poitrine ;
  • sensation d’étouffement ;
  • respiration rapide ;
  • tremblements ;
  • vertiges ;
  • sueurs ;
  • fourmillements ;
  • nausées ;
  • sensation d’irréalité ;
  • peur de mourir ;
  • peur de perdre le contrôle ou de devenir fou.

La crise atteint généralement son maximum en quelques minutes.

Il ne faut toutefois jamais attribuer automatiquement un symptôme physique à l’angoisse. Une première crise ou des symptômes inhabituels peuvent nécessiter une évaluation médicale, notamment lorsqu’il existe une douleur thoracique importante, une difficulté respiratoire inhabituelle, un malaise ou tout autre signe préoccupant.

Pourquoi une crise d’angoisse peut-elle être aussi violente ?

La crise d’angoisse implique fortement les mécanismes de réponse de l’organisme face à une menace.

Le système nerveux autonome participe notamment à la régulation du rythme cardiaque, de la respiration, de la digestion, de la tension musculaire et de nombreuses fonctions automatiques.

Lorsque notre système d’alerte s’active fortement, le corps se prépare à faire face à un danger.

Le problème est que cette réaction peut se déclencher alors même que le danger n’est pas objectivement présent.

La personne peut alors ressentir des manifestations corporelles très impressionnantes, qui renforcent à leur tour la peur :

sensation corporelle → interprétation inquiétante → peur → activation corporelle → sensation encore plus intense.

Un véritable cercle vicieux peut ainsi s’installer.

Les recherches sur le trouble panique montrent notamment l’importance de la manière dont les sensations corporelles sont interprétées. Une revue systématique récente retrouve des éléments importants en faveur de l’hypothèse selon laquelle certaines personnes interprètent de manière catastrophique leurs sensations corporelles, ce qui peut contribuer à l’escalade de la panique.

« Ce n’est pas grave » : une réponse qui ne rassure pas toujours

Après une consultation aux urgences ou chez le médecin, certaines personnes repartent avec cette phrase rassurante :

« Vous n’avez rien, c’est une crise d’angoisse. Ce n’est pas grave. »

Sur le plan médical, savoir que l’on n’est pas en danger immédiat est évidemment essentiel.

Mais cela ne signifie pas que l’expérience vécue n’est pas grave pour la personne qui la traverse.

Une crise d’angoisse peut être suffisamment intense pour provoquer une peur durable de la prochaine crise.

La personne peut alors commencer à surveiller son cœur, sa respiration, ses sensations corporelles ou à éviter certains lieux et certaines situations.

Elle peut progressivement avoir peur d’avoir peur.

Les médicaments contre l’anxiété : parfois nécessaires, mais pas toujours suffisants

Après une crise d’angoisse, un médecin peut prescrire un traitement anxiolytique.

Dans certaines situations, notamment lorsque les crises se répètent, un traitement antidépresseur peut également être proposé comme traitement de fond.

Ces traitements peuvent avoir leur place dans une prise en charge et leur indication doit être évaluée individuellement par un médecin.

Mais diminuer l’intensité de l’anxiété ne signifie pas nécessairement avoir appris à reconnaître et à réguler ce qui se passe dans son corps.

Une prescription médicamenteuse peut donc être utile sans constituer à elle seule toute la réponse au problème.

Si vous prenez un anxiolytique ou un antidépresseur, toute diminution ou interruption du traitement doit être discutée avec le médecin qui vous accompagne.

Pourquoi consulter un psychothérapeute pour des crises d’angoisse ?

Lorsque les crises deviennent répétitives ou commencent à modifier votre manière de vivre, une psychothérapie peut être indiquée.

Elle permet notamment d’explorer :

  • les situations qui déclenchent ou entretiennent l’anxiété ;
  • les événements de vie difficiles ;
  • les expériences traumatiques éventuelles ;
  • les pensées et interprétations associées aux sensations corporelles ;
  • les stratégies d’évitement ;
  • la peur de perdre le contrôle ;
  • la relation que l’on entretient avec son propre corps.

Mais une psychothérapie ne consiste pas nécessairement à rester assis pendant une heure à parler de ce qui ne va pas.

Quand parler ne suffit pas

La parole peut être extrêmement importante.

Mais l’angoisse ne se situe pas uniquement dans les pensées.

Elle s’éprouve dans le corps.

Lorsque le système nerveux est fortement activé, demander à une personne de simplement « réfléchir autrement » ou de raconter longuement ce qu’elle ressent peut parfois ne pas suffire.

Dans certaines situations, rester immobile face à son thérapeute pendant toute la séance peut être inconfortable lorsque le corps est déjà en état d’hyperactivation.

C’est pourquoi je peux intégrer au travail psychothérapeutique une dimension corporelle : respiration, mouvement, mobilisation, sensations, appuis, rythme ou orientation dans l’espace.

L’objectif n’est pas de faire du sport.

Il s’agit de permettre à la personne de retrouver progressivement un sentiment de sécurité et une capacité d’action à travers son propre corps.

Le mouvement comme ressource de régulation

Le mouvement peut constituer un véritable outil de régulation.

Il permet notamment de revenir à des sensations concrètes, de retrouver des appuis et de sortir progressivement d’un état dans lequel toute l’attention est captée par la menace.

La personne apprend ainsi à reconnaître ce qui se passe avant que la crise n’atteigne son maximum.

Elle peut progressivement passer de : « Je subis ce qui m’arrive »

à : « Je reconnais ce qui se passe et je sais comment agir. »

C’est un changement important dans le rapport à l’angoisse.

Dans ma pratique, je peux également utiliser l’EFT (voir l’article à ce sujet), une approche psychocorporelle qui associe l’attention portée à l’expérience émotionnelle et l’apaisement du système nerveux autonome par la stimulation de certains points d’énergie.

Cette technique peut constituer un outil complémentaire intéressant pour travailler sur la régulation émotionnelle.

L’un de ses intérêts est également de pouvoir transmettre certains outils afin de rendre autonome la personne confrontée à l’angoisse.

Retrouver sa fenêtre de tolérance

L’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir d’anxiété.

L’anxiété fait partie du fonctionnement humain.

L’objectif est plutôt de pouvoir rester en contact avec ses sensations et ses émotions sans être immédiatement submergé.

On parle alors de fenêtre de tolérance : une zone dans laquelle l’activation émotionnelle reste suffisamment contenue pour pouvoir continuer à penser, ressentir, bouger, entrer en relation et agir.

Les outils psychocorporels peuvent contribuer à développer cette capacité de régulation.

Ils peuvent être utilisés pendant les séances, mais également progressivement intégrés dans la vie quotidienne.

Prévenir plutôt que simplement subir les crises

Une prise en charge de l’angoisse ne consiste donc pas uniquement à chercher à faire disparaître la crise lorsqu’elle survient.

Elle peut également permettre d’apprendre à :

repérer → comprendre → réguler → retrouver de la sécurité → reprendre sa vie.

Avec le temps, la personne peut mieux reconnaître les premiers signes d’activation, comprendre leur signification et disposer de ressources pour y répondre.

L’objectif est de ne plus vivre chaque sensation corporelle comme l’annonce d’une catastrophe.

La théorie polyvagale : une autre manière de comprendre la régulation

Pour comprendre cette dimension corporelle de l’angoisse, je m’appuie également sur les apports de la théorie polyvagale, développée par Stephen Porges.

Cette théorie propose notamment de considérer les réactions émotionnelles à partir des interactions entre le système nerveux autonome, les sensations corporelles, la perception de la sécurité et les relations avec notre environnement.

Etant formé à la mise en pratique de la théorie polyvagale, cette formation vient enrichir mon approche en m’amenant à porter une attention particulière aux signes corporels de l’activation, aux conditions de sécurité et aux possibilités de régulation.

Quand consulter ?

Vous pouvez envisager un accompagnement si :

  • vous avez des crises d’angoisse répétées ;
  • vous avez peur de refaire une crise ;
  • vous évitez certains lieux ou certaines situations ;
  • vous surveillez constamment votre cœur, votre respiration ou vos sensations ;
  • votre anxiété perturbe votre sommeil ou votre vie quotidienne ;
  • vous avez déjà consulté pour vos symptômes mais ne savez pas comment retrouver durablement votre équilibre ;
  • vous souhaitez apprendre à mieux réguler vos réactions émotionnelles et corporelles.

Une crise d’angoisse n’est pas une faiblesse. C’est une expérience réelle, corporelle et émotionnelle, qui peut être accompagnée.

L’objectif du travail psychothérapeutique est progressivement de vous permettre de retrouver des ressources et une autonomie face à l’angoisse.

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